Manika, une vie plus tard…

François Villiers, cinéaste à qui l’on doit quelques jolis films noirs («Constance aux enfers»), comédies («Pierrot la tendresse») et comédies dramatiques («L’eau vive») des années 50-60, revient au cinéma, après un passage remarqué par la télévision («Jean-Christophe» ou «Les chevaux du soleil»). Et le film qu’il offre est des plus séduisants : une histoire de réincarnation.Manika, une vie plus tard... «Manika» raconte comment une petite Indoue de dix ans parle de choses qu’elle est supposée ne jamais avoir connues ou apprises. La conscience de sa vie antérieure devenant de plus en plus forte, Manika traverse l’Inde, avec le père jésuite qui lui sert de maître d’école, pour retrouver son ancienne famille. Le thriller psychologique est très émouvant. On peut le percevoir comme fantastique ou simplement spiritualiste. Mais il pose la question de la vie qui continue après la disparition de quelqu’un, l’âme qui cherche un nouveau corps, mais aussi la nécessité, pour survivre, de ne pas s’accrocher à ses souvenirs et de se tourner vers le futur. Julian Sands, en jésuite ébranlé dans ses convictions, est un peu molasson, mais Ayeska Dharker, Malika, est fabuleuse de grâce et de sensibilité.

L’ami retrouvé

Le sujet était risqué, même s’il s’agit de l’adaptation (par le grand dramaturge britannique Harold Pinter) d’un roman à succès de Fred Uhlman.L'ami retrouvé Un vieil homme se penche sur son passé et recherche ce qu’est devenu un ami d’enfance. Il a vécu toute sa vie aux États-Unis, mais il a passé son adolescence en Allemagne, en pleine montée du nazisme. À cette époque, lui jeune juif, à découvert une grande et pure amitié avec un jeune aristocrate allemand. Malgré leurs différences sociales. Confessionnelle et culturelle. Les deux adolescents ont découvert leur complémentarité et leur besoin de chercher dans l’autre la réponse à leurs incertitudes. Mais le jeune juif a vu son ami changer en même temps que son pays, devenir pronazi. Et le vieil homme va tenter de connaître ce qu’il est advenu après que les deux amis se soient séparés, parce que Fun d’eux devenait parjure, parce que la folie du monde leur tombait dessus sans prévenir ! Jerry Schatzberg sait regarder avec une incroyable justesse cette période de la vie de deux futurs hommes et l’Histoire qui tisse sa toile autour d’eux. Il a trouvé aussi deux jeunes interprètes simplement parfaits. Un grand film, un grand moment de joie et d’émotion, à découvrir de toute urgence.

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