Le peuple singe

Le peuple singeDes «docu… culs» on en a vues on en reverra, avec leurs images passe-partout et leur commentaire sentencieux. Alors, avant de déraper dans le pensum, il ne faut pas manquer ce petit joyau d’une rare intégrité et d’une fabuleuse intelligence. Gérard Vienne, qui avait déjà offert un très pénible, mais très stupéfiant «La griffe et la dent» (eh oui, on sait que les animaux se bouffent entre eux !) a placé sa caméra dans les endroits les plus inaccessibles pour filmer les singes du monde entier. Et à la vue du résultat (brillamment monté par Jacqueline Lecompte), on comprend pourquoi on a coutume de dire que l’homme descend du singe. Sans le moindre anthropomorphisme, Gérard Vienne réussit une véritable comédie… humaine ! Les comportements des singes deviennent tour à tour comédie ou mélodrame. Passionnant d’un bout à l’autre, «Le peuple singe» est un fabuleux cours de sciences naturelles doublé d’un grand film cinéma. À voir en famille, pour bien se rendre compte combien ces stars poilues, qui marchent à quatre pattes, sont des cousins éloignés !

Madame Sousatzka

Madame SousatzkaProfesseur de piano excentrique, Irina Sousatzka se consacre avec une ardeur extrême à ses élèves les plus doués, qu’elle destine à une carrière de virtuose, entretenant avec eux une relation tyrannique et quasi amoureuse. On le comprend aussitôt : chacun de ses «poulains» lui permet de vivre par procuration une destinée qui aurait pu être la sienne. Ce rôle très (trop ?) riche, à la fois gratifiant et périlleux, avait tout pour tenter une star comme Shirley MacLaine, qui fignole avec une certaine jubilation cette composition de monstre sacré. John Schlesinger, spécialiste des «grands sujets», sait trop qu’il serait facile de faire couler des torrents de larmes avec celui-ci. Aussi dose-t-il savamment les émotions, jouant sur une large palette, allant du bouleversant à l’horripilant. En outre, il prend soin de situer une histoire au schéma connu dans un contexte actuel subtilement décrit : Londres, aujourd’hui. Le jeune élève prodige de Mme Sousatzka est un adolescent indien, ce qui nous vaudra quelques aperçus incisifs sur la juxtaposition culturelle des années 80. Au total, une belle histoire qui évite tous les pièges du mélo non sans une élégante maestria.

Categories: Bateau

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