La maitresse du lieutenant français

Adapté d’un best-seller de John Fowles, «Sarah et le lieutenant français», par le dramaturge Harold Pinter, ce film est un pur chef-d’œuvre, un plaisir d’un raffinement rare.La maitresse du lieutenant français Peut-être peut-on faire la fine bouche sur le glissement du passé vers le présent, de l’intrigue amoureuse du siècle dernier vers le film qui se tourne. Mais non ! «La maîtresse du lieutenant français» est un film parfait ! Perfection des décors, tournés en extérieurs sur la côte sud de l’Angleterre et dans la ville de Lyme Regis qui a su se préserver du temps. Perfection de la photo signée Freddie Francis, qui donne à certains moments de dramatique intensité une force qui vous prend au cœur. Il faut voir Sarah, seule, montant vers son hôtel d’Exeter, valise sous le bras, habillée d’une cape et nimbée par la froideur bleutée du soir. Il faut aussi voir le lit de la première nuit d’amour, surpris par les flammes vacillantes de la cheminée. Perfection de l’intrigue. Qui est Sarah ? Comment cette femme qui raconte à qui veut l’entendre qu’elle a été déshonorée et abandonnée par un lieutenant français, parvient-elle à séduire jusqu’à la passion destructrice le jeune Charles Smithson? Comment cette femme peut-elle se complaire dans le malheur au point de se tromper elle-même? Le film ménage ses effets comme un récit à suspense. Si vous n’avez pas lu le livre de Fowles, la révélation après la première nuit d’amour vous donnera les mains moites. Du grand cinéma.

La maison assassinéeLa maison assassinée

L’auberge de la Burlière, quelque part dans le Midi, c’est un peu I’ «Auberge rouge» de sinistre mémoire. En 1896, la nuit du saint Michel, on y a découvert l’aubergiste, assassiné. Le temps a passé. La Grande Guerre a éclaté. Et puis, vingt-quatre ans après le drame, un jeune homme est arrivé. C’est lui qui, encore nourrisson, a échappé jadis à ce massacre. Alors, on le comprend, il veut découvrir la vérité: Percer le lourd secret qui plane sur le village. Briser la loi du silence qui unit ses habitants contre l’intrus. Alors, ceux qui veulent parler commencent à mourir mystérieusement. Sorcellerie, envoûtement ? Le mystère s’épaissit et, bizarrement, Séraphin se met à détruire la maison du crime. Comme s’il avait une idée derrière la tête. Et dès lors, nous irons de surprise en révélation. A l’origine de ce film inhabituel pour Georges Lautner, il y a un roman de Pierre Magnan, un polar historique très astucieux, situé en 1920. Captivant. Et Lautner a retrouvé ce qui faisait le charme du cinéma français des années 30/40 le goût des dialogues ciselés et des comédiens bien choisis. Mention spéciale aux » trois grâces «qui évoluent autour de l’orphelin-justicier : Agnès Blanchot, aperçue dans «Scout toujours», d’une fraîcheur et d’une spontanéité rares, Anne Brochet, moins gnangnan que dans «Masques» de Claude Chabrol, émouvante, et l’étonnante Ingrid Held, qui fut la vedette de «Cinéma», le téléfilm avec Alain Delon.

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