Cinq questions Proserpine

Jean-Pierre Warnke-Dherines, directeur général de Proserpine, ne s’en laisse pas compter. Il remet en cause ouvertement l’accord signé entre le Blic et Canal Plus. Il critique le décret Lang. Pourtant, il croit en l’avenir de l’édition vidéographique.

Vous avez choisi, en mars dernier, d’opter pour le Festival du son alors que la plupart des éditeurs et distributeurs étaient au Salon de la vidéo. Pourquoi ?

Nous déplorons que l’édition vidéographique se soit désolidarisée de la profession et notamment des fabricants et distributeurs de matériels en créant un salon indépendant et exclusivement professionnel. C’est dommage car les conditions d’accueil étaient parfaitement acceptables dans l’enceinte du Cnit. Nous avons choisi l’option Festival du son pour affirmer notre présence tant au niveau des vidéoclubs qu’aux points de vente de matériel et aussi vis à vis du public qui a eu, de ce fait, une perception homogène programmes-matériel susceptible de renforcer le marché.

Comment jugez-vous l’apparition des nouveaux médias ?

Nous analysons positivement le développement des télévisions payantes type Canal Plus ou des réseaux câblés. Mais nous jugeons inadmissible que les conditions de la concurrence entre nouveaux médias soient fixées par l’arsenal législatif ou réglementaire, en dehors de toute considération de marché et ,une fois de plus au profit exclusif de l’audiovisuel d’Etat centralisé. Il est notamment scandaleux que l’accord intervenu entre le Blic (Bureau de liaison des industries cinématographiques) et Canal Plus ignore totalement la hiérarchie logique des supports, cinéma-vidéo-télévision payante

Et le décret Lang n’arrange pas les choses ?

Nous espérons que la loi Lang, ou ses modalités d’applications, évolueront favorablement pour intégrer correctement la vidéo dans la hiérarchie de diffusion des œuvres.

Que pensez-vous de la politique de prix pratiquée par CIC-3M Vidéo qui propose ses cassettes à 490 F HT aux vidéoclubs ?

Il n’y a pas aujourd’hui de prix marché établis, mais seulement des tarifs de location dans les vidéoclubs souvent issus d’une concurrence sauvage. D’autre part, il y a des prix de vente établis par les éditeurs pour tenter de résister à la contraction du marché par la baisse des prix. Dans les deux cas, il s’agit bien souvent de prix économiquement irréalistes qui entraînent une partie des vidéoclubs et des éditeurs dans des difficultés financières. Il faut également assurer une remontée de recettes suffisantes au cinéma.

Vous êtes donc optimiste pour l’avenir…

Nous croyons plus que jamais en l’avenir de l’édition vidéographique. Nos actions s’accordent avec nos convictions : maintien d’une communication importante (publicité, relations presse, relations publiques), développement de l’action commerciale et investissement dans l’achat des titres avec « Papy fait de la Résistance », « Les compères », « Louisiane », « Le sang des autres », « Cent jours à Palerme », etc.

Categories: Bateau

Tagged in:

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *